Les principales fêtes de Bolivie : Carnaval d’Oruro, San Roque…

La Bolivie est un des pays d’Amérique du Sud qui conserve le mieux ses traditions depuis des millénaires. De plus, elle a bien intégré la culture espagnole arrivée il y a 500 ans avec la colonisation.

Ses coutumes et traditions peuvent être observées dans une grande variété de festivals autochtones qui ont lieu toute l’année et auxquels participent les touristes et locaux.

Aujourd’hui, nous allons donc parler des principales fêtes de Bolivie et de leurs significations pour en apprendre un peu plus sur cette culture riche et unique.

Las Alasitas, la fête des miniatures

Une fête qui commence durant la saison des pluies en janvier et se termine le premier weekend du Carnaval d’Oruro.

“Alasitas” est un mot qui vient de l’Aymara et qui veut dire “achète-moi”.

Le dieu de l’abondance “Ekeko” est célébré. Il y a des stands avec des vendeuses qui préparent des produits miniatures. Des petites voitures, des petits billets, passeports, maisons, Etc. Bref, les rêves que l’on souhaite voir se réaliser au cours de l’année.

Dès midi, tout le monde part de son travail pour acheter les miniatures. Ensuite, elles sont bénies par les “Amautas”, des sorciers Aymaras.

En gros : Quand vous possédez déjà la miniature, il est normalement plus facile d’avoir l’objet du désir en taille réelle. 

Le Carnaval d’Oruro

Chaque année au mois de février, la ville d’Oruro est le théâtre de la plus grande fête de Bolivie. Le carnaval d’Oruro, unique au monde pour son grand sens religieux, est réalisé en l’honneur de la “Virgen de la Candelaria del Socavón” (La vierge des mines).

Un vrai exemple de syncrétisme des cultures des Andes qui font un hommage à la Pachamama et en même temps au Catholicisme.

Tout au long du carnaval, plus de 350 000 personnes, entre danseurs et groupes folkloriques, participent.

En raison de sa grande manifestation culturelle et de son attrait touristique, il est devenu l’un des carnavals les plus importants, avec celui de Rio de Janeiro au Brésil.

Les vêtements plein de couleurs et les habits traditionnels le rendent encore plus unique.

fêtes de Bolivie
Le carnaval d’Oruro

La Ch’alla

La ch’alla, un mot qui vient encore de l’Aymara et qui signifie “Remercier”. En fait, c’est une cérémonie pour remercier la Pachamama (La mère terre) en arrosant la terre ou tout autre bien avec de l’alcool et des éléments symboliques.

Cette fête est célébrée le dernier mardi du carnaval.

Il existe deux manières de faire :

Dans la campagne

Cela consiste essentiellement à recouvrir la terre de pétales de fleurs et à enterrer un pot de pommes de terre cuites, des cigares, des feuilles de coca et de l’alcool pour nourrir la Pachamama. Pendant ce temps, les gens boivent et offrent des chansons et des danses.

Dans la ville

En ville c’est différent. On orne une propriété (Maison, entreprise, voiture, etc.) avec des banderoles colorées et on y jette de l’alcool, des pétales de marguerites et des bonbons.

Un élément commun dans le ch’alla, est de faire un autel coloré (=Apxata) où des offrandes sont faites à la Pachamama.

Ces offrandes doivent être brûlées et fumées, avec du bois aromatique, puis enterrées et remises à la mère terre. Il est courant que des pétards soient utilisés pendant la cérémonie, car, selon les croyances locales, le bruit sert à éloigner les mauvais esprits.

La Vendimia

La fête de la cueillette, se célèbre à la saison du carnaval au mois de février. Par ailleurs, elle s’effectue dans la ville des vins Tarija, plus précisément dans la Vallée la Concepción.

Vous pouvez voir des habitants de cette ville (Chapacos) danser avec des vêtements typiques en foulant du raisin.

Tous les producteurs de vins de la ville se rencontrent ici pour montrer la qualité de leurs produits. C’est une fête pour partager mais surtout goûter des bons vins.

Semana Santa

Après les 40 jours du carnaval, se célèbre dans le monde catholique “La semaine sainte” du 5 au 11 avril. Les jours qui commémorent la passion, la mort et la résurrection de Jésus sont particulièrement précieux pour les Boliviens. 

Car vous savez que malgré les traditions et la culture indigène, la Bolivie est un pays très catholique.

En plus, pendant cette célébration nous avons comme traditions :

  • De ne pas manger de la viande rouge : Un acte symbolique qui représente le corps de Christ sur la croix ;
  • Visiter les églises ;
  • Jeûner le vendredi saint ;
  • Manger 12 repas différents qui représentent les 12 disciples.

Le dimanche de pâques est habituel pour aussi faire la recherche des œufs en chocolat pour les plus petits.

Nouvelle année Aymara

Le 21 juin, le Nouvel An Aymara est un jour férié où le début de l’année agricole est célébré.

Il y a encore beaucoup des rituels qui sont bien entendu, toujours accompagnés de danses autochtones, de rites et de concerts de musique.

La cérémonie la plus importante est concentrée dans le centre archéologique de Tiwanaku. Aussi dans la ville de La Paz, des cérémonies ont lieu dans certaines Apachetas, (Lieu de repos). Ce sont des pierres entassées en forme conique, créés par les indigènes pour les offrandes à la mère terre.

La fête de San Juan

La traditionnelle «fête de San Juan» est célébrée le 24 Juin. La nuit précédente (Du 23 au 24) est considérée par les habitants de La Paz comme la nuit la plus froide de l’année. C’est donc pour cela que les jeunes allument des feux de camps, pour combattre le froid.  

Anciennement, c’était une célébration païenne en relation avec le dieu soleil. C’était au travers des feus que les indigènes demandaient aux dieux un avenir prospère et la fertilité pour les femmes.

En fait, dans les Andes, les Incas célébraient la nuit du 23 et 24 juin avec le nom de “INTI WATANA“, qui signifie “Fête du soleil”. C’était avant de l’arrivée des Espagnols.

Une ancienne tradition dit aussi que l’objectif de ces feux de camps était que les jeunes puissent brûler leurs anciens meubles pour faire place aux nouveaux.

Auparavant, l’incendie n’était pas la seule manifestation caractéristique. La tradition catholique était que les habitants prenaient une croix et la faisait bénir dans les églises le matin du 24 juin.

Cette croix de San Juan était fabriquée avec des herbes aromatiques et médicinales et était placée sur le linteau de la porte principale des maisons.

San Juan était aussi une nuit pour la galanterie. En effet, des “bonbons d’amour” étaient échangés. Les enveloppes de ces bonbons apportaient des messages d’amour comme “Je t’aime”, “Donne-moi une réponse”, ou encore “Ne le dis pas à ton père” etc. D’autres avaient de petits versets inscrits.

Maintenant, à cause de la pollution, les feux de camp sont interdits au maximum. Par contre il est possible de faire des feux artificiels et on mange des hot dogs et on boit un délicieux “Sucumbé”. Un breuvage à base du lait et Singani (Liqueur traditionnelle de Bolivie). L’objectif étant de partager un petit moment en famille.

La fête de San Roque

Cette fête est réalisée chaque 16 août et célèbre la Saint Roque ou St Roc dans la ville de Tarija.

San Roque était un saint européen et une grande partie de la tradition initiale vient de la France, puis de l’héritage espagnol.

Les habitants de Tarija se déguisent en “Chuncho”. C’est la représentation des malades qui pendant l’époque coloniale, ont souffert de la lèpre. La légende dit qu’ils étaient sauvés grâce aux miracles du Saint Roc.

Ces personnages dansent dans les rues de Tarija en remerciant le Saint. Ils s’habillent d’une blouse et d’une jupe très colorée. Leur visage est recouvert d’un tissu transparent et d’un turban sur la tête composé de nombreuses plumes multicolores.

Todos Santos

Chaque année, au début du mois de novembre, reviennent les “ajayus” (âmes en aymara) de nos proches décédés.

Dans la culture Aymara la mort n’est pas synonyme d’un événement tragique. C’est plutôt un cycle en plus. Quand on meurt notre énergie passe dans une autre dimension.

Les Incas avaient la croyance que nous venions d’une ville éternelle le “Wiñay Marka” , et que nous y retournions aussi. Par conséquent, il n’y a pas de mort, nous ne retournons que chez notre peuple (Belle idée n’est-ce pas ?).

Normalement à midi le premier novembre, chaque famille forme un petit autel, avec des fleurs, repas et boissons. Toutes les choses favorites de la personne morte et sa photographie.

Parmi les traditions qui persistent encore, on pense que la visite des “Ajayus” apportent bonheur et protection toute l’année. 

Les Prestes

Les prestes sont des fêtes réalisées durant toute l’année par une communauté sociale très exclusive, les commerçantes.

Un preste à comme finalité de montrer la puissance économique de celui ou celle qui organise l’événement. Elles sont généralement réalisées dans les “Cholets”, des bâtiments avec une architecture andine très extravagante.

Chaque membre essaie de faire mieux que les fêtes précédentes. Plus luxueuses et exubérantes. 

Le preste est une forme de réciprocité économique avec Dieu. Des danseurs défilent pour demander la protection et l’accomplissement de leurs souhaits et projets pour l’avenir.

Pour conclure

Les fêtes en Bolivie sont la preuve du syncrétisme total car elles nous montrent que le mélange des anciennes traditions indigènes avec le catholicisme espagnol, ont comme résultat de nouvelles coutumes.

Bref, nous célébrons beaucoup de choses et c’est tant mieux !

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