Le Carnaval d’Oruro en Bolivie, un événement culturel unique

Le Carnaval d’Oruro est une fête qui est célébrée par beaucoup d’habitants de Bolivie et dans toutes les villes du pays. Mais c’est à Oruro que cette manifestation est la plus importante. Une fête de danses et traditions et un spectacle visuel hors du commun. Mais aussi un mélange entre la religion catholique présente après la colonisation et des coutumes indigènes.

Ce carnaval a été déclaré au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO. 

carnaval d'oruro

Qu’est-ce que le Carnaval d’Oruro?

Pendant le Carnaval d’Oruro, on célèbre la “Virgen del Socavón” (Vierge de la mine) par des représentations de danses.

Toutes ces danses montrent une histoire ou une légende de chaque région de la Bolivie. Le sujet le plus commun est “La lute du Bien contre le mal“.

Le carnaval est célébré entre la dernière semaine de février et la première semaine de mars. Sa durée est de 3 a 4 jours. Pendant les deux premiers jours, il y a un défilé de danses folkloriques non stop. C’est un parcours de presque 4 kilomètres, qui commence dans la rue Aroma et qui termine dans l’église de la Vierge del Socavón. Les danseurs doivent entrer agenouillés jusqu’au sanctuaire où se trouve la Vierge.

Il y a en tout plus de 10 000 personnes entre danseurs et musiciens, qui participent au défilé. 

Les légendes qui inspirent le carnaval d’Oruro

Comme je vous le disais au-dessus, la symbolique des danses est surtout la lutte du bien contre le mal. Il existe donc plein de légendes sur l’apparition du Carnaval mais voici les deux plus remarquables.

Légende 1 : Les Huros (Ou hurus)

L’origine de cette fête a débuté à Oruro. Cette ville se trouve à l’ouest de la Bolivie, à 3700 mètres d’altitude.

À l’époque pré-inca, Oruro était déjà un important lieu de pèlerinage pour les Urus. Une population de pêcheurs-agriculteurs qui occupait les rives des grands lacs de l’Altiplano. Le lac Titicaca, à la frontière entre le Pérou et la Bolivie, et le lac Poopó (Qui est en train de disparaître), près d’Oruro. 

Une des légendes du carnaval vient donc de l’époque précolombienne (Avant la découverte du continent par Chirstophe Colomb) et raconte comment leur demi-dieu Huari (Ou Wari=le diable) a voulu punir la population d’Urus pour avoir adoré d’autres dieux que lui.

Pour cette raison, Wari envoya quatre plagues différents (Animaux géants – Lézard, serpent, fourmi et grenouille) pour exterminer cette population. Cependant, la Ñusta (Mot en Aymara pour designer une Déesse ou princesse) – connue sous le nom de Vierge de Socavón – arriva à vaincre ce sortilège et sauver les Hurus. 

Légende 2 : Le voleur Nina Nina

La seconde légende est à propos du voleur qui s’appelait  “Nina Nina”, à l’époque de la colonisation. Oruro était le deuxième centre minier après la ville de Potosi entre les siècles XIX et XX. 

Ce voleur volait pour donner aux moins privilégiés, c’était le Robin des bois de l’époque. C’était aussi un fervent croyant en la Vierge Marie.

Selon l’histoire, dans une de ses misions, il est entré dans la maison d’un minier pour voler les métaux précieux des mines. Mais le propriétaire de la maison qu’il volait, l’a blessé et frappé en le laissant dans la rue. Nina Nina a alors supplié la vierge de le pardonner. Selon la légende, la Vierge est apparue et l’a libéré de ses péchés.

Le lendemain les miniers qui travaillaient dans les grottes ont retrouvé le corps du voleur sous une image de la Vierge du Socavón. Ces mêmes miniers ont alors décidé de construire une église pour cette vierge au niveau de la grotte.

Aujourd’hui, les danseurs arrivent dans ce temple avec une grande dévotion, pour remercier et demander la protection de la Vierge.

Les habitants ont aussi construit une statue de la Vierge du Socavón sous la montagne “Santa Barbara” à l’ouest d’Oruro. Une sculpture de 45 mètres inaugurée le premier février 2013.

Une divinité particulière “El tío”

El tío” est une divinité démoniaque qui gouverne l’enfer. Il offre une protection aux miniers mais en même temps, la ruine et la destruction à ceux qui ne font pas d’offrandes.

Il a son propre autel dans les mines, une figure de tête rouge comme un diable qui protège ses terrains. Durant les nuits précédant le carnaval, il y a des offrandes à cette statue : cigarettes, feuilles de coca ou même de l’alcool.

Lors du carnaval on célèbre donc aussi bien El Tio ainsi que la vierge, qui serait une interprétation de la Pachamama (Terre mère). Deux univers différents et distincts.

Les danses du carnaval d’Oruro

On peut voir presque 50 danses lors du carnaval d’Oruro et ces interprétations sont des échantillons du folklore bolivien, de la richesse et de la diversité culturelle qui existe dans le pays.

La Diablada

La danse des diables, c’est vraiment la représentation du triomphe du bien contre le mal. Un affrontement entre l’enfer et les anges et un mélange entre coutumes catholiques et andines.

Cette danse fait normalement apparition dans la nuit car ils utilisent de feux d’artifice pour annoncer l’entrée.

carnaval d'oruro
Le masque du diable

Le Caporal

Une satire des esclaves, des prisonniers indigènes et noirs de Bolivie qui ont souffert pendant la colonisation.

Une chorégraphie plus dynamique, avec deux acteurs principaux, les esclaves et le patron (Le seul qui porte un masque).

La Morenada

C’est aussi une satire mais qui représente la souffrance des esclaves noirs et indigènes qui étaient obligés de travailler dans les mines.

Une chorégraphie plus douce et répétitive. Les vêtements sont plus attirants. De lourds déguisements qui peuvent peser 20 kilos. Les belles Cholitas font aussi leur apparition avec de longues jupes et dansent au rythme de la musique.

carnaval d'oruro
Les Cholitas

Un instrument qui donne du rythme a cette danse, c’est “La Matraca” ou matraque. Il est souvent fait en bois et orné de pierres précieuses.

Pour conclure sur le carnaval d’Oruro

Un carnaval qui nous donne une superbe représentation du Syncrétisme en Bolivie, entre traditions andines et cultes religieux. Un spectacle pour les amateurs de folklore et tous les autres.

Chaque danse à son propre rythme, ses propres couleurs. Je vous assure que vous ne serez pas déçus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.